CAUSE INFERILITÉ

Endométriose

1. Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose est une maladie chronique qui touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Elle se caractérise par la présence de tissu similaire à l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus) en dehors de la cavité utérine. Ces cellules endométriales peuvent se fixer sur les ovaires, les trompes, le péritoine, voire d’autres organes pelviens.

Il s’agit d’une pathologie fréquemment retrouvée dans le cadre des bilans d’infertilité.

2. Quels sont les symptômes ?

Les symptômes varient selon les patientes, mais les plus fréquents sont :

  • Douleurs pelviennes chroniques
  • Règles très douloureuses (dysménorrhée)
  • Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie)
  • Troubles digestifs ou urinaires en fonction de la localisation
  • Fatigue chronique

Cependant, certaines femmes peuvent être asymptomatiques, ce qui complique le diagnostic.

Impact de l’endométriose sur la fertilité

L’endométriose est une cause importante d’infertilité féminine, affectant jusqu’à 30 à 40 % des femmes infertiles.

On estime qu’environ 30 à 50 % des femmes atteintes d’endométriose rencontrent des difficultés pour concevoir. Cependant, toutes les femmes touchées ne sont pas infertiles, et certaines parviennent à concevoir naturellement, parfois sans même savoir qu’elles sont atteintes.

Voici comment elle peut nuire à la fertilité :

1.Altération des trompes de Fallope

Les lésions d’endométriose peuvent provoquer des adhérences, des cicatrices et une inflammation, entravant la mobilité des trompes et empêchant la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde.

2.Atteinte de la qualité ovocytaire

L’endométriose, notamment lorsqu’elle touche les ovaires (endométriomes), peut diminuer la réserve ovarienne et la qualité des ovocytes.

3.Environnement pelvien inflammatoire

L’inflammation chronique liée à l’endométriose peut perturber la fécondation et l’implantation de l’embryon.

4.Modifications de l’endomètre

Le tissu utérin peut être altéré, rendant l’implantation plus difficile.

Diagnostic

et prise en charge

La prise en charge sera ajustée selon le ressenti de chaque patiente.

.1. Prise en charge de la douleur

La douleur est souvent le principal symptôme de l’endométriose. Sa prise en charge repose sur plusieurs niveaux :

Traitement médicamenteux

Kinésithérapie et rééducation pelvi-périnéale:

  • Travail de détente musculaire du périnée et des muscles abdominaux profonds
  • Techniques de mobilisation viscérale, étirements, massages
  • Rééducation post-chirurgicale
  • Apprentissage de l’autogestion de la douleur et techniques de respiration

Nutrition anti-inflammatoire

L’alimentation peut jouer un rôle non négligeable dans la gestion des symptômes de l’endométriose. L’objectif : réduire l’inflammation chronique.

Favoriser ( recommandations ) :

  • Les oméga-3 (poissons gras, huile de lin, noix)
  • Les fruits et légumes frais riches en antioxydants
  • Les aliments riches en fibres (légumineuses, céréales complètes)
  • Les épices anti-inflammatoires (curcuma, gingembre)

Réduire ou éviter ( recommandations ) :

  • Les produits ultra-transformés
  • Les sucres rapides et le gluten (chez certaines femmes)
  • Les produits laitiers (chez certaines patientes sensibles)

  • La viande rouge et les graisses saturées

2. Fécondation in vitro (FIV)

L’endométriose peut affecter la fertilité de plusieurs façons (adhérences, altération de la réserve ovarienne, inflammation locale…).

Lorsque la conception naturelle tarde ou si les lésions sont importantes, la fécondation in vitro (FIV) peut être proposée.  La FIV permet de contourner certains blocages mécaniques ou hormonaux et peut être associée à un traitement préalable pour contrôler l’endométriose

3. Chirurgie

La chirurgie est envisagée :

  • En cas de douleurs résistantes aux traitements
  • Si les lésions compromettent la fertilité ou la fonction d’un organe
  • Avant une FIV ou en cas d’échec de FIV, selon les cas

Types de chirurgie :

  • Coelioscopie (chirurgie mini-invasive) : ablation des lésions, des adhérences, des endométriomes, tout en préservant les organes reproducteurs
  • Chirurgie plus lourde si atteinte digestive, urinaire ou étendue

La chirurgie nécessite une évaluation rigoureuse par des équipes expertes de l’endométriose. Toutes les femmes atteintes d’endométriose n’auront pas forcement recours à une prise en charge chirurgicale. Certaines situations pourront être discutées en réunions entre gynecologues, chirurgiens et radiologues avant de valider une prise en charge chirurgicale.